La deuxième saison de fouille archéologiques s'est déroulée en décembre et dans la collégiale de la Cité royale de Loches. Les archéologues trouveront-ils enfin le corps de Ludovic Sforza, duc de Milan dans le nouveau secteur de recherche ? C’est l’objectif de cette mission.

 

En 2019, des fouilles étaient engagées dans la collégiale Saint-Ours. En savoir plus sur l’église primitive, construite dès le Xe siècle faisait partie des motivations. Mais l’objectif à sensation, c’était bien la recherche de la tombe de celui que l’on appelait Ludovic le More. Et nous y avions cru un instant !

Parmi toutes les sépultures découvertes, une a fait l’objet d’une étude approfondie. Le candidat paraissait sérieux. Mais après analyses, il s’avère que ce ne pouvait pas être le duc de Milan.

Ludovic Sforza v. 1500 / domaine public

Le duc de Milan, un chef d’Etat inhumé à Loches

Ludovic Sforza, grand rival des rois de France durant les Guerres d’Italie, est capturé à Novare en 1500. Après quelques transferts d’une prison à l’autre, il se retrouve incarcéré, sur ordre du roi, au donjon de Loches. C’est là qu’il meurt, en mai 1508, après 4 années de détention (plus d'infos ici).
Depuis, beaucoup de mystères et d’interrogations entourent la tombe du duc de Milan. Son corps a-t-il été rapatrié en Italie pour reposer près de son épouse Beatrice d’Este, ou a-t-il été inhumé à Loches, là où il est mort ?
Si Ludovic Sforza est bien enterré à Loches, ce qui semble être le cas, une place de choix lui a été réservée dans l’église. Ce duc, bien qu’ennemi, était considéré comme un chef d’Etat. On ne l’aurait pas enterré sans les honneurs dus à son rang.

Des sépultures… mais pas encore de duc !

Fouilles 2021 📷 N. Mémeteau

 

Après étude des textes qui évoquent l’emplacement de la tombe de Sforza, les archéologues du Département d’Indre-et-Loire ont déterminé un secteur dans la nef de l’église, près du chœur, où pourrait se situer le célèbre duc. La première campagne de 2019 a permis de retrouver plusieurs sépultures. Ces tombes, dont les datations s’étalent du XIVe au XVIIIe siècle, sont celles de chanoines de la collégiale et de nobles.

Si la sépulture placée au plus près du chœur avait d’abord attiré l’attention, elle s’est avérée trop ancienne pour correspondre à celle de Sforza. Les regards se tournent désormais vers deux autres tombes. Celles-ci, en bordure du périmètre ouvert, n’étaient pas accessibles, trop en dehors du secteur de recherche. Mais les premiers éléments montrent que ces tombes pourraient bien dater de la fin du XVe ou du début du XVIe siècles.

Serait-ce l’ancien capitaine du donjon, Rolland de Lescouët, mort en 1467, à côté de laquelle on aurait, selon certaines sources, inhumé le duc de Milan ? Ces candidats étant jugés crédibles, les archéologues repartent donc en campagne.

2020-2021 : nouvelle campagne de fouilles archéologiques

Jusqu’à fin janvier 2021, ils ont creusé, en repartant du secteur déjà connu. Retrouver ces corps en limite de fouille est l’objectif premier.
Par ailleurs, les recherches autour de l’église primitive vont se poursuivre. En 2019, des maçonneries ont été trouvées. Elles ont permis de mieux comprendre l’allure du bâtiment antérieur. Ce travail se poursuit cette année.

Nous vous proposons de regarder cette vidéo bilan de la campagne de cette année, vous comprendrez où en sont les archéologues dans cette enquête. Par ailleurs, l'ensemble de la campagne est disponible ici.

Bilan des fouilles 2020-2021 🎥 N. Mémeteau / D. Maljean